L'inventaire des progrès accomplis dans le renforcement des capacités au sein des pays d’ACP

Après plus de deux ans de mise en œuvre du projet scope|acp, le temps est venu d'évaluer les progrès accomplis dans le renforcement des capacités nationales pour lutter contre la désertification dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) grâce à la composante prévue à cet effet du programme AME. Le projet a-t-il rempli son rôle en venant en aide aux acteurs de la CNULCD aux niveaux national, sous-régional et international ? De façon plus générale, contribue-t-il à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement ?

À deux ans de son lancement, nous croyons sincèrement que le projet est sur la bonne voie.

En abordant les défis liés à la Gestion durable des terres (GDT) dans les pays ACP, la stratégie de scope|acp s'est focalisée sur la promotion d'une vision partagée de la mobilisation des ressources en faveur de la mise en œuvre de la CNULCD.  Elle a appuyé des pays pilotes dans les trois régions en élaborant leurs stratégies financières intégrées (SFI) et a amélioré la coordination et le soutien technique aux pays.

L'une de ses principales réalisations se traduit par l'instauration de plateformes de partenariats Sud-Sud à l'échelle régionale et interrégionale pour appuyer les efforts de mobilisation des ressources, gérer et diffuser des informations et des acquis sur des voies novatrices de mobilisation des ressources, et encourager le travail en réseau entre des experts régionaux dans l'optique de favoriser la collaboration, l'échange de connaissances et le renforcement des capacités. Les points forts du projet scope|acp peuvent se résumer en ces termes :

Une vision commune sur la GDT-finance: elle s'est concrétisée grâce au partenariat avec les programmes des Pays les moins avancés et des Petits États insulaires en développement (PMA-PEID) s’inscrivant dans le cadre des Programmes des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) et pour le Développement (PNUD). Le MM et ses partenaires ont mis au point une approche commune du contenu et de la portée de la stratégie de mobilisation des ressources au profit de la mise en œuvre de la CNULCD par des ateliers de renforcement des capacités régionaux en Afrique, dans les Caraïbes et dans le Pacifique. Alors qu'elle était perçue sous forme de projets au coup par coup, la GDT est envisagée à présent comme un processus national complexe, intersectoriel et interdisciplinaire qui demande à être intégré dans des cadres de développement nationaux pour se voir accorder la priorité qu'il mérite dans l'allocation des ressources.

Les Plateformes de partenariat Sud-Sud : il s’agit peut-être bien du principal outil d'où découlent toutes les activités ou leur produit final. Dans les deux cas, le partage des bonnes pratiques, des opportunités de financement et des idées de projet doit être régulier, afin de stimuler le montage de partenariats et de nouvelles opportunités pour les parties prenantes à la GDT. Ce constat est vrai pour l'Initiative de la Grande muraille verte du Sahara et du Sahel (GMVISS), bénéficiant du soutien de l'Union européenne dans le cadre du partenariat UE-UA, pour laquelle scope|acp a pris la responsabilité, avec l'accord de la Commission de l'Union africaine et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), de mettre en place une plateforme de partenariat Sud-Sud GMVISS sur le renforcement des capacités et la mobilisation des ressources. Une telle reconnaissance de l'utilité de scope|acp aux plus hauts niveaux africains est très encourageante.

La voie à suivre : en dépit des progrès accomplis, nous reconnaissons que le soutien aux pays et aux organisations sous-régionales dans la définition d'approches communes et la promotion de plateformes pour la mobilisation des ressources n'est qu'un premier pas. De plus amples efforts doivent être déployés vers le renforcement des capacités des acteurs locaux - spécialement les Collectivités locales - dans les processus de planification du développement incluant la gestion des ressources naturelles, par des programmes spécifiques de gestion des connaissances, et des activités ciblées de renforcement des capacités.

Le nouvel enjeu consiste à comprendre comment appuyer les plateformes régionales de partenariat Sud-Sud et jeter des ponts interrégionaux sur des questions thématiques communes liées au financement de la GDT. Cette démarche impose de passer à la vitesse supérieure pour apporter un soutien aux réseaux d'acteurs clés, comme les femmes et les jeunes, et alimenter la plateforme en renseignements utiles sur les opportunités financières.

Au niveau international, les résultats du Quatrième Forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide, qui s'est tenu à Busan, en Corée du Sud en novembre 2011, sont encourageants Le "Partenariat de Busan" définit un nouveau partenariat mondial pour une Coopération au développement efficace. Il compte sur une coopération Sud-Sud triangulaire, en tant qu'initiatives volontaires, pratiques et pouvant donner lieu à une action pour mettre en œuvre les engagements convenus. Il repose également sur le principe selon lequel "de meilleures résultats peuvent être atteints lorsque les acteurs du développement s'engagent dans des partenariats horizontaux à long terme fondés sur l'équité, la confiance et les bénéfices mutuels".

Dans un tel cadre, il est légitime d'estimer que le projet scope|acp - un précurseur de la fameuse coopération Nord-Sud-Sud évoquée à Busan - est sur la bonne voie au titre d'outil potentiel pour une coopération triangulaire sur le financement de la GDT.


Pour de plus amples informations :

M. Youssef Brahimi, Coordonnateur de Programmes, Afrique du Nord et Coopération Sud-Sud
Tél. +39 06 5459 2584
y.brahimi (at) global-mechanism.org

 

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